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Spiruline et cholestérol : des résultats encourageants mais discordants

Spiruline et cholestérol : deux méta-analyses observent une baisse du LDL, du cholestérol total et des triglycérides, et une légère hausse du HDL. Une troisième, plus récente, ne trouve aucun effet significatif. Le signal existe, mais il n’est pas assez solide pour présenter la spiruline comme un moyen de faire baisser son cholestérol.

Sommaire
  1. Spiruline et cholestérol : ce que disent les études
  2. Pourquoi les méta-analyses ne sont-elles pas d’accord ?
  3. Et chez les personnes diabétiques ?
  4. Une baisse du cholestérol, est-ce un bénéfice pour le cœur ?
  5. Pour qui ces résultats sont-ils pertinents ?
  6. Comment la spiruline est-elle utilisée dans les essais ?
  7. Idées reçues sur la spiruline et le cholestérol
  8. Précautions avant de prendre de la spiruline pour le cholestérol
  9. Sources
  10. Questions fréquentes
B

Verdict

Deux méta-analyses favorables (dont −41,3 mg/dL de LDL en 2016) et une méta-analyse de 2025 sans effet significatif : résultat discordant.

Dose étudiée
Variable selon les essais
Durée
Quelques semaines à quelques mois
Études
3 méta-analyses, dont 1 négative

Spiruline et cholestérol : ce que disent les études

Le cholestérol est l’un des sujets les plus étudiés du dossier sur les bienfaits de la spiruline sur la santé, après la tension artérielle. Trois méta-analyses ont regroupé les essais contrôlés. Elles ne concluent pas toutes dans le même sens.

2016 : 7 essais, des baisses importantes

La méta-analyse publiée dans Clinical Nutrition réunit 7 essais randomisés. Par rapport aux groupes témoins, elle trouve une baisse du cholestérol total de 46,8 mg/dL, du LDL de 41,3 mg/dL et des triglycérides de 44,2 mg/dL, ainsi qu’une hausse du HDL de 6,1 mg/dL.

Les auteurs notent que l’effet ne dépend pas de la dose, mais qu’il est lié à la durée de prise. Sept essais, c’est peu, et des chiffres aussi élevés tirés de petits essais demandent confirmation.

2023 : 20 études, plus de 1 000 participants

Publiée dans Pharmacological Research, cette méta-analyse est la plus large : 20 études et 1 076 participants. Elle confirme la baisse du LDL, du cholestérol total et des triglycérides, et la hausse du HDL.

Les résultats sont exprimés en « différence moyenne standardisée » (DMS) : −0,6 pour le LDL, le cholestérol total et les triglycérides, +0,3 pour le HDL. Cette mesure permet de regrouper des études aux unités différentes, mais elle ne se traduit pas directement en mg/dL. Une DMS de 0,6 correspond, en statistique, à un effet de taille moyenne.

2025 : aucun effet significatif

Publiée dans Nutrients, une méta-analyse portant sur 9 études de spiruline ne trouve aucun effet significatif sur les lipides, seulement une tendance non significative pour le cholestérol total. Deux de ses auteurs sont salariés d’une entreprise privée.

Méta-analyseÉtudesLDLTriglycéridesHDL
Serban, 20167 essais−41,3 mg/dL−44,2 mg/dL+6,1 mg/dL
Rahnama, 202320 études, 1 076 sujetsDMS −0,6DMS −0,6DMS +0,3
Pinto-Leite, 20259 étudesNon significatifNon significatifNon significatif

Pourquoi les méta-analyses ne sont-elles pas d’accord ?

Trois méta-analyses sur le même sujet qui divergent, c’est fréquent quand les essais de départ sont petits et différents les uns des autres. Plusieurs raisons peuvent jouer :

  • Le choix des études. Chaque équipe applique ses propres critères d’inclusion ; un ou deux essais aux résultats très marqués suffisent à faire basculer une moyenne.
  • Les participants. Des personnes au cholestérol normal ont peu de marge de baisse ; des personnes au cholestérol élevé ou diabétiques en ont davantage.
  • Les produits. Poudre, comprimés, doses et durées très variables.
  • La qualité des essais. Effectifs petits, durées courtes, provenance géographique peu variée, certains essais liés à des producteurs.

Conclusion pratique : un effet favorable est possible, mais il n’est pas démontré de façon constante. C’est la définition de notre niveau B.

Et chez les personnes diabétiques ?

Deux méta-analyses consacrées au diabète de type 2 apportent des indications complémentaires. La première (2021, 8 études) observe chez ces patients une baisse des triglycérides, du cholestérol total et du LDL. La seconde (2022, 7 études cliniques) observe une baisse du cholestérol total et des triglycérides et une hausse du HDL, mais pas d’effet significatif sur le LDL.

Le LDL étant la cible principale des traitements contre le cholestérol, cette absence d’effet dans l’une des analyses compte. Le volet glycémie de ces études est détaillé sur la page spiruline et diabète.

Une baisse du cholestérol, est-ce un bénéfice pour le cœur ?

Pas forcément. Le cholestérol est un marqueur : sa baisse n’a d’intérêt que si elle se traduit par moins d’infarctus ou d’AVC. Aucun essai sur la spiruline n’a mesuré ces événements. Les études s’arrêtent au chiffre sanguin, après quelques semaines ou quelques mois.

Un résultat sanguin plus favorable sous spiruline ne remplace pas un traitement prescrit. Si vous prenez un médicament contre le cholestérol, ne l’arrêtez pas et ne réduisez pas la dose sans l’avis de votre médecin.

La tension artérielle est le seul effet cardiovasculaire de la spiruline appuyé par des méta-analyses concordantes : voyez la page spiruline et hypertension pour les chiffres.

Pour qui ces résultats sont-ils pertinents ?

Les essais regroupés concernent surtout des adultes aux lipides perturbés, des personnes en surpoids ou atteintes de diabète de type 2. Les résultats ne disent rien des enfants, des femmes enceintes ou des personnes qui ont déjà eu un accident cardiovasculaire : ces groupes n’ont pas été étudiés, ou trop peu.

Si votre cholestérol est normal, la marge de baisse est faible et aucun essai ne montre d’intérêt à prendre de la spiruline « en prévention ». Si votre cholestérol est élevé, le premier interlocuteur reste le médecin, qui évalue votre risque global (tension, tabac, diabète, antécédents familiaux) avant de proposer quoi que ce soit.

Comment la spiruline est-elle utilisée dans les essais ?

Les doses et les durées varient beaucoup d’un essai à l’autre. La méta-analyse de 2016 ne trouve pas de lien entre la dose et l’effet, mais un lien avec la durée : les essais les plus longs montrent des effets plus nets. Aucun essai n’a été mené sur plusieurs années.

RepèreCe que disent les sources
Dose testéeVariable ; la dose ne semble pas déterminer l’effet (2016)
DuréeEffet lié à la durée (2016) ; essais de quelques semaines à quelques mois
Dose officielle conseilléeAucune
Limite de sécuritéPas de risque apparent jusqu’à plusieurs grammes par jour chez l’adulte, hors contamination (ANSES)
Équivalence3 g = 6 comprimés de 500 mg (vérifier la quantité de spiruline par comprimé)

La spiruline elle-même apporte peu de graisses : selon la table Ciqual 2025, 6,27 g de lipides pour 100 g de spiruline séchée, soit moins de 0,2 g pour une prise de 3 g. Elle ne pèse donc presque rien dans les graisses de la journée.

Idées reçues sur la spiruline et le cholestérol

« Elle remplace une statine »

Aucun essai ne l’a comparée à un médicament contre le cholestérol. Les résultats viennent d’essais contre placebo, et la méta-analyse la plus récente ne trouve pas d’effet.

« Plus la dose est forte, plus le cholestérol baisse »

La méta-analyse de 2016 ne trouve pas de relation avec la dose. Augmenter les quantités augmente surtout le risque de troubles digestifs, l’effet indésirable le plus fréquent.

« Elle fait aussi maigrir, donc le cholestérol baisse »

L’effet sur le poids est faible : −1,07 kg en moyenne dans une méta-analyse de 17 essais. Il ne suffit pas à expliquer les résultats sur les lipides. Le détail est sur la page spiruline et perte de poids.

« Le foie gras ne craint rien avec la spiruline »

Une étude pilote sans groupe témoin (15 patients atteints de stéatose, 6 g par jour, 6 mois) a vu les triglycérides baisser de 24,8 %, mais sans changement à l’échographie du foie. Sans groupe témoin, on ne peut pas attribuer ce résultat à la spiruline. Et l’ANSES déconseille la spiruline en cas de vulnérabilité hépatique.

Précautions avant de prendre de la spiruline pour le cholestérol

L’ANSES déconseille la spiruline en cas de phénylcétonurie, de terrain allergique, de vulnérabilité musculaire ou de vulnérabilité hépatique. Ce dernier point concerne directement les personnes traitées par statine qui ont déjà eu des douleurs musculaires ou une anomalie du bilan du foie : parlez-en à votre médecin.

L’agence rapporte aussi un cas d’hépatite chez une personne prenant de la simvastatine et de la spiruline, sans que la responsabilité de la spiruline ait pu être établie. Achetez dans des circuits contrôlés (traçabilité, fabricant identifié), car la spiruline peut contenir des contaminants. Toutes les situations à risque sont sur la page contre-indications de la spiruline.

Pour savoir si le cholestérol fait partie des effets pertinents pour vous, faites le bilan de vos objectifs. Vous pouvez aussi comparer avec les autres effets étudiés sur la page des 10 bienfaits de la spiruline, ou lire ce que disent les études sur l’immunité et les allergies.

L’hypercholestérolémie est un facteur de risque cardiovasculaire qui se traite avec un médecin. Cette page résume des études ; elle ne remplace ni un bilan ni un traitement.

Sources

  1. Serban M.C. et al., Clinical Nutrition, 2016, 35(4):842-51 (PMID 26433766). Résumé PubMed
  2. Rahnama I. et al., Pharmacological Research, 2023, 193:106802 (PMID 37263369). Résumé PubMed
  3. Pinto-Leite M. et al., Nutrients, 2025, 17(6):943 (PMID 40289965). Résumé PubMed
  4. Hatami E. et al., Journal of Diabetes and Metabolic Disorders, 2021, 20(1):883-92 (PMID 34178867). Résumé PubMed
  5. Ghanbari F. et al., Current Problems in Cardiology, 2022, 47(10):100942 (PMID 34538515). Résumé PubMed
  6. Lak M. et al., Nutrition & Metabolism, 2025, 22(1):61 (PMID 40528207). Résumé PubMed
  7. Mazokopakis E.E. et al., Annals of Gastroenterology, 2014, 27(4):387-94 (PMID 25331487). Résumé PubMed
  8. ANSES, avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la spiruline, saisine 2014-SA-0096, 2017. Avis (PDF)
  9. ANSES, table Ciqual 2025, aliment 11086 « Spiruline, séchée ou déshydratée ». Jeu de données

Questions fréquentes

La spiruline fait-elle baisser le cholestérol ?

Deux méta-analyses (2016 et 2023) trouvent une baisse du cholestérol total, du LDL et des triglycérides, et une petite hausse du HDL. Une troisième, publiée en 2025 sur 9 études, ne trouve aucun effet significatif. Le résultat est donc possible mais pas établi.

Combien de temps faut-il à la spiruline pour faire baisser le cholestérol ?

La méta-analyse de 2016 relie l’effet à la durée de prise plutôt qu’à la dose, mais les essais restent courts, de quelques semaines à quelques mois. Aucun essai n’a suivi le cholestérol sur plusieurs années.

Quelle dose de spiruline pour le cholestérol ?

Les doses varient d’un essai à l’autre et aucune dose ne ressort comme meilleure. Aucune autorité ne fixe de dose conseillée ; l’agence sanitaire française (ANSES) ne voit pas de risque apparent jusqu’à plusieurs grammes par jour chez l’adulte en bonne santé, hors contamination.

Peut-on prendre de la spiruline avec une statine ?

Aucune étude lue ne traite de cette association. L’ANSES cite un cas d’hépatite chez une personne sous simvastatine, sans pouvoir établir la responsabilité de la spiruline, et déconseille la spiruline en cas de vulnérabilité musculaire ou hépatique. Parlez-en à votre médecin.

La spiruline agit-elle sur les triglycérides ?

Les méta-analyses favorables trouvent une baisse des triglycérides, y compris chez des personnes atteintes de diabète de type 2. La méta-analyse de 2025 ne confirme pas d’effet significatif sur les lipides. Le niveau de preuve reste B.

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Mis à jour le 17 octobre 2026